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Les cinémas d’outremer
 31/10/2005 | © invarance noire

Longtemps rangés décors de films et leurs habitants sujets "ethnofilmables", les départements et territoires français d’outre-mer se sont installés dans le paysage cinématographique national avec plus ou moins de bonheur depuis les années soixante.

Christian Lara avec Lorsque l’herbe et Jacques Ferly avec Chronique du retour, tous deux guadeloupéens en signent la naissance en 1968. C’est dans les ateliers du Sermac (Service municipal d’action culturelle) crée par Aimé Césaire qu’est réalisé par Jean-Paul Césaire le premier long-métrage domien Dérive ou la femme jardin, adapté de la nouvelle de l’haïtien René Depestre, Alléluia pour une femme jardin. Ce film est symbolique à plus d’un titre.

L’atelier du Sermac formait les jeunes martiniquais à tous les métiers du cinéma et dans ces murs sont nées les vocations d’Euzhan Palcy,( Rue Case nègres, une saison blanche et sèche, Siméon...), Willy Rameau (Lien de parenté présenté à cannes à perspectives du cinéma français en 1987)

Le cinéma commercial voit le jour avec Coco la fleur candidat de Christian Lara en 1978 et Ô Madiana de Constant Gros Dubois, présenté à cannes en 1979. Depuis, dans ces deux départements a été tourné l’essentiel du cinéma ultramarin. La Guyane après quelques balbutiements dans les années soixante-dix (deux documentaires), s’est assoupie, jusqu’à l’arrivée de Marc Barrat lauréat en 2004 de la bourse CNC du jeune réalisateur. Si la Réunion fait une belle carrière en tant que décor, seulement quelques films tous genres confondus ont été tournés par les enfants du pays Monique Agénor ou Jim Damour, réalisateur du premier long-métrage réunionnais Le jeu des couleurs en 1989. La réunion est le seul Dom qui a créé un centre régional du cinéma. La Guadeloupe est depuis octobre 2004 en négociation avec le CNC pour créer le sien. Depuis Dérive, une trentaine de films de long-métrages et plus de deux cents courts-métrages ont été réalisés par les ultramarins malgré toutes les contraintes qu’ils connaissent. La loi portant création du CNC, si elle a été étendue aux Dtoms en 1993 exclut la mise en place de billetterie, Si le Fonds d’aide au cinéma d’Outre-Mer crée par les ministères de l’Outre-mer et de la culture en 2002 apporte une première aide à la production, le financement du cinéma ultramarin demeure une préoccupation.

Rue cases nègres d’Euzhan Palcy, aux multiples consécrations installe le cinéma ultramarin sur la scène internationale. Depuis, de nouveaux visages sont apparus ; Christian Grandman réalise Têt’ grêné, Pascal Légitimus Antilles sur seine, Tony Coco-Viloin se penche sur les rapports sud-sud avec karukéra Gorée, Guy Deslauriers vient de terminer Biguine, Jean-Claude Flamant Nèg mawon, José Hayot réalise Nord plage. Christian Lara réalise un homme à femmes et tourne en octobre 2004 au Gabon, Sarah Maldoror rend hommage à Louis Delgrès, héros de la lutte contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe, Jim Damour regarde la couleur du père noël, Julius Amédée Laou Zouc, mariage et ouélélé, Marc Barrat est en passe de signer le premier long-métrage fiction de la Guyane et Jean-Michel Martial nous livre son premier opus avec deux films sur un des pères de la négritude Léon Gontran Damas. . Il ne manque au cinéma ultramarin qu’un espace de visibilité.



 
  
Darling Legitimus
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